Violette odorante

Un peu de botanique

La violette odorante est une plante vivace de la famille des violacées.
Vous allez trouver la violette odorante dans des endroits frais et ombragés. Dans les forêts, en bordure des haies, sur le bord des chemins. Elle a des feuilles ovales en forme de cœur à la base. Les fleurs sont violettes, à 5 pétales, parfois blanches (bien que ce soit beaucoup plus rare), et les fleurs sont très parfumées. La souche va envoyer des stolons au-dessus du sol, qui vont ramper puis s’enraciner pour donner naissance à un nouveau plant de violette.

Si vous avez un jardin, elles ne sont pas très difficiles à cultiver, il faut leur donner de l’ombrage et de l’humus, et un arrosage régulier.

Aspect comestible de la violette sauvage

Les feuilles sont riches en mucilages, et c’est quelque chose que vous allez vite remarquer. Si vous mâchez une feuille fraiche, vous allez constater une sorte de glaire qui se forme dans votre bouche. Ce sont en fait les mucilages qui font cet effet, et ils vont nous fournir au passage un effet bénéfique sur les muqueuses.

Les feuilles contiennent de la vitamine C et des minéraux. On peut les manger crues dans des salades composées ou on peut les faire cuire en omelette par exemple. Elles n’ont pas de goût prononcé, pas d’amertume.

Les fleurs peuvent être utilisées pour décorer vos salades composées, vos salades de fruits ou autres desserts. Elles ont, elles aussi, cet aspect bien mucilagineux et doux. On peut aussi faire un sirop avec les fleurs, un sirop très rafraichissant l’été qu’on peut servir dans un grand verre d’eau fraîche. Vous trouverez des recettes de sirop à la fin de cet article.

La violette odorante est « béchique »

La première propriété qui va nous intéresser pour la violette, c’est son aspect béchique et antitussif.

Le terme béchique est un vieux terme qui veut dire quelque chose qui soulage la toux. Mais il y a plusieurs types de toux. Les toux sèches et les toux grasses. Une plante qui est très riche en mucilages, très humidifiante, très adoucissante pour les muqueuses va pouvoir soulager une toux sèche.

Toute plante très mucilagineuse a une énergétique humidifiante. Les mucilages ont une grande affinité pour l’eau, ce sont comme de petites éponges. Imaginez vous une muqueuse sèche et enflammés sur laquelle on va placer de petites éponges fraiches et humides pour soulager.

Ces mucilages vont déposer une petite couche adoucissante au niveau de la gorge. On peut faire une infusion des parties aérienne, feuilles ou fleurs ou les deux, rajouter un peu de miel pour l’aspect très calmant du miel sur les toux sèches. Et ça soulage.

Ensuite, l’aspect antitussif. Là encore il faut bien comprendre. Elle ne va pas bloquer la toux. A la base, la toux est constructive, car elle a un rôle important à jouer pour faire remonter les déchets. Mais elle va calmer l’inflammation et adoucir la muqueuse, qui va être beaucoup moins hyper réactive et qui va moins provoquer le réflexe de toux qui parfois n’est plus productif lorsqu’il devient très répétitif et lorsque la toux se situe dans les voies supérieures.

Violette odorante : spécialiste d’une toux sèche

Si la problématique est descendue dans les poumons et que la toux est devenue grasse, la violette n’est pas la meilleure plante pour la situation. Je sais qu’on la positionne de cette manière. Mais si on veut un effet désinfectant et expectorant marqué pour les toux grasses, on va plutôt aller chercher nos plantes puissamment aromatiques des bronches : thym, origan, eucalyptus, hysope, aunée, marrube, etc. Pas les plantes qui sont principalement mucilagineuses. Elles peuvent intervenir comme accompagnatrices des autres plantes, mais ce ne sont pas les actrices principales.

Donc en conclusion, une bonne petite plante pour les toux sèches, les toux nerveuses, les situations allergiques qui picotent la gorge. Soit une simple infusion des fleurs, soit un sirop des fleurs préparé avec du miel.

Attention: ne faites pas d’imprudence, pour toute situation infectieuse, allez consulter un médecin pour ne pas prendre de risque.

Inflammations digestives, urinaires, de peau

Maintenant on va parler de propriétés classiques des plantes mucilagineuses. Elles adoucissent le système digestif et le système urinaire.

Pour le système digestif, on va y penser lorsqu’il y a inflammations de l’œsophage, de l’estomac, des intestins. Seule ou accompagnée d’autres plantes qui calment l’inflammation, l’irritation, les ulcérations. Là encore, une simple infusion des fleurs ou des feuilles, ou un mélange des deux.

Pour le système urinaire, idem. Si ça brûle, si c’est enflammé, pendant une cystite par exemple, on va inclure une plante mucilagineuse et adoucissante à notre mélange, comme la fleur de violette. En principe combiné avec des désinfectants urinaires type bruyère, busserole ou autre.

On peut aussi faire des applications externes des feuilles cuites, ou des feuilles fraîches et écrasées, en cataplasme contre les gerçures des seins. On la retrouve dans les inflammations des yeux, la conjonctivite par exemple en bain d’œil. Pour les inflammations cutanées, comme l’eczéma. Là encore, des applications classiques des plantes à mucilages.

Violette odorante et constipation légère

Dernière utilisation, c’est une plante qui va apporter de l’humidité dans l’environnement digestif lorsque la personne a tendance à être constipée. On ne parle pas de forte constipation ici, mais d’une constipation plutôt légère. La violette odorante est très douce, donc appropriée pour la constipation des enfants.

Et là encore, au fil du temps, il faudra comprendre les propriétés des différents types de plantes que nous avons à notre disposition pour faciliter le transit. On a des laxatifs de lest, des laxatifs osmotiques, des laxatifs stimulants et irritants. Donc on a tout un panel d’outils. Ici, on va tout simplement profiter de ces mucilages qui se gonflent d’eau et qui vont apporter de l’humidité dans le tube digestif et dans les selles. À combiner avec des laxatifs de lest, ou des laxatifs un peu plus stimulants, si nécessaire.

Formes et dosages

En ce qui concerne les formes et les dosages. Tout d’abord on va utiliser les feuilles et les fleurs principalement.

On ramasse les fleurs dès qu’elles font leur apparition et pendant toute la durée de la floraison, le matin une fois que l’humidité s’est un peu dissipée. On les fait sécher à plat et le plus rapidement possible, dans un endroit bien sec et aéré, et surtout pas en plein soleil. Ensuite on les garde dans un endroit bien sec et à l’abri de la lumière.

Pour les préparations, vous avez :

Infusion des fleurs : 1 cuillère à dessert des fleurs par tasse, on laisse infuser 10 minutes, 2 à 4 tasses par jour (Dr Valnet)
Sirop des fleurs : voir ci-dessous

Recettes de sirop de fleurs de violettes

Recette du docteur Valnet :

100 g de fleurs de violette (l’état frais ou sec n’est pas précisé, je suppose sec ici mais je n’en suis pas certain)
300 g d’eau
500 g sucre
Cuire jusqu’à consistance de sirop, 30 à 50 g par jour.

Recette du docteur Leclerc :

100 g de fleurs fraîches débarrassées du calice
Faire infuser 12 heures dans 1 litre d’eau bouillante puis passer avec expression (presser au travers d’une passoire)
Y dissoudre 1,8 kg de sucre lorsque le liquide est encore tiède
1 à 3 cuillères à soupe par jour, 2 à 8 cuillères à café aux enfants.

Précautions

En ce qui concerne les précautions, la racine est vomitive à partir d’une certaine dose. A part ça, rien de connu. Pour ne pas prendre de risque, utilisez essentiellement les feuilles et les fleurs.

Cette article a un but purement informatif.

Élodie Carceller n’endosse aucune responsabilité concernant votre utilisation des informations mises à votre disposition.

Les informations ne sont pas destinés à diagnostiquer, guérir, traiter ou prévenir la maladie chez l’homme ou l’animal.

Consulter l’avis d’un médecin en cas de problème de santé.

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